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Les libraires signent un manifeste européen

Photo Olivier Dion

Les libraires signent un manifeste européen

Dans un manifeste dévoilé aujourd’hui, l’EIBF réaffirme ses engagements fondamentaux et ouvre de nouvelles perspectives à quelques semaines des prochaines élections européennes.

Par Antoine Ginésy
Créé le 25.04.2024 à 17h14 ,
Mis à jour le 13.05.2024 à 09h41

La Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), qui regroupe plusieurs organisations de libraires (dont le Syndicat de la librairie française), saisit l’occasion offerte par les élections européennes de juin pour prendre position sur six sujets attendus pour faire l’actualité de la prochaine mandature.

Dans un contexte de forte polarisation politique, l’organisation européenne s’alarme en premier lieu des périls qui pèsent désormais sur la liberté d’expression. Rappelant que le livre a toujours été la cible privilégiée des censeurs, l’EIBF entend défendre ce qu’elle considère comme un droit de l’homme fondamental. Dans cette perspective, son manifeste prend fait et cause pour les politiques d’alphabétisation, rappelant qu’aux côtés des bibliothèques, les librairies ont toujours œuvré à rendre la lecture accessible au plus grand nombre.

Combative, la fédération enjoint néanmoins le monde du livre à faire preuve de lucidité quant aux mutations auxquelles il sera confronté au cours des cinq prochaines années. D’abord un constat : le Covid a précipité la numérisation dans toutes les branches de la société. Il ne s’agit pas pour les libraires de rester en retrait de cette révolution – ou de prétendre s’y opposer – mais de trouver le juste équilibre entre la vie en ligne et les échanges réels que continuent de chérir les petits commerçants. L’EIBF insiste pourtant sur les régulations qui doivent être pensées par le législateur pour aborder sereinement ces bouleversements. Il en va de même pour l’économie verte : les libraires ne la rejettent pas, mais demandent à être accompagnés dans leur transition énergétique.

Peu de latitudes aux libraires

Avocate des enseignes indépendantes, l’organisation professionnelle n’ignore pas l’importance d’une juste législation pour les PME. Son manifeste traduit cependant l’ambivalence du secteur à l’égard de la puissance publique, notamment quand il avertit que « les régulations qui impactent la liberté contractuelle des librairies, leurs choix d’investissements ou leurs capacités financières ne doivent pas se faire de manière précipitée ». Si la liberté des détaillants venait à être menacée, les grandes enseignes risqueraient d’en tirer parti. Impacté de plein fouet par l’inflation, le marché du livre, ne laisse déjà que peu de latitudes aux commerçants, particulièrement en matière de salaire. La faiblesse des rémunérations détourne pourtant de nombreuses personnes talentueuses de la profession de libraire. Pour que le métier demeure une carrière digne de ce nom, l’EIBF souhaite encourager les politiques culturelles ambitieuses visant à développer la lecture.

« Sans recevoir de subsides gouvernementaux, les librairies promeuvent la lecture, l’alphabétisation et l’éducation » affirme le manifeste. À mi-chemin de l’entreprise privée et du service public, les libraires européens sont plus que jamais convaincus que leur métier est une mission.

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