L'édition américaine recrute massivement dans les nouvelles technologies

Scott Lubeck, directeur du BISG

L'édition américaine recrute massivement dans les nouvelles technologies

Le triplement des ventes d'e-book en un an incite les maisons d'édition à investir dans de nouveaux métiers pour s'adapter.

avec aa Créé le 15.04.2015 à 21h00

La réunion fin mars à Manhattan (New York) de 80 dirigeants de maisons d'édition américaines, dont Random House, Simon & Schuster et W.W. Norton & Company, pour réfléchir aux moyens de faire prospérer leur secteur en stagnation, a fait apparaître une nette tendance au développement des investissement dans les métiers des nouvelles technologies de l'information.

Les maisons d'éditions recrutent de plus en plus d'ingénieurs, de web designers, de statisticiens, et de développeurs de logiciels et d'applications et, selon Scott Lubeck, directeur du Book Industry Study Group, organisateur de la rencontre, “quelque 10 à 15% d'éditeurs ont recruté dans ces catégories professionnelles”, alors que “les autres ont encore un long chemin à accomplir afin d'être correctement armés pour affronter les défits actuels et futurs”.

Tandis que les ventes d'e-book ont triplé depuis l'an dernier, la startup Vook, fondée en 2008 par Brad Inman, crée des applicatons mêlant texte et vidéo pour des éditeurs et des auteurs sur Iphone, Ipod, Kindle et Android, et consacre les deux-tiers de son budget aux technologies.

HarperCollins veut trouver un juste équilibre entre le recrutement de spécialistes des nouvelles technologies et l'externalisation de certaines fonctions. La maison a récemment recruté 22 personnes dans le domaine des nouvelles technologies. En revanche ses concurrents, Penguin, Random House et Simon & Schuster ne souhaitent pas communiquer sur leur stratégie de recrutement.

Les éditeurs risquent de peiner à trouver de talentueuses recrues, car les salaires que proposent des sociétés comme Facebook ou Google sont plus attractifs, et ces professionnels sont très recherchés. Un développeur de logiciels gagne selon Payscale.com, 61 100 $ (42 100 €) en moyenne chez un éditeur de livres ou de journaux, contre 69 000 $ (47 600 €) dans des sociétés comme Google ou Facebook. Pour des fonctions plus importantes, les écarts peuvent varier de 20 000 $ (13 800 €).

Richard Eoin Nash, ancient dirigeant de la maison d'édition Soft Skull Press, vient de créer Cursor, une plateforme web et mobile pour permettre à une communauté d'auteurs d'interagir et de décider quoi et comment publier. Pessimiste, il déconseille aux ingénieurs talentueux de rejoindre les maisons d'édition traditionnelles car il pense que leur modèle va s'effondrer.

15.04 2015

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