Premier Roman/France 21 août Mathilde Forget

La vie, parfois, c'est ce qui ne vous arrive pas. Ou alors, ce qui n'arrive pas jusqu'à vous. C'est aussi l'enfance recommencée. Jusqu'à l'excès. Jusqu'à en extirper le réel.

C'est, comme pour la narratrice d'A la demande d'un tiers, le très beau, très drôle et très triste premier roman de Mathilde Forget, se libérer du « syndrome de Bambi ». Cette encore jeune femme, la vie, elle n'y arrive pas très bien. Peut-être que le fait que sa grande sœur unique et adorée soit internée dans un hôpital psychiatrique, que sa mère se soit suicidée, se jetant du haut de la plus haute tour d'un château, qu'elle ne puisse appeler son père autrement que par son prénom, qu'elle ait rompu sans raison avec la femme qu'elle aimait et qu'elle éprouve une fascination morbide pour les requins (entre autres petits dérangements), y est pour quelque chose. Bref, alors que les souvenirs d'enfance l'assaillent, son présent aussi a plutôt une sale gueule.

Jeune chanteuse au talent déjà très remarqué, Mathilde Forget compose pour ce coup d'essai bien balancé, sans pathos mais avec une tendre ironie, un requiem pour la grâce des isolés, la beauté des zinzins.

Mathilde Forget
A la demande d’un tiers
Grasset
Tirage: ND
Prix: 16 euros ; 162 p.
ISBN: 9782246820475

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