Disparition

Le dramaturge Michel Vinaver s'est éteint

ERIC FEFERBERGAFP

Le dramaturge Michel Vinaver s'est éteint

Michel Vinaver est mort dimanche 1er mai à Paris âgé de 95 ans. Dramaturge, haut cadre durant une trentaine d'années, il a notamment puisé dans son expérience professionnelle pour tisser son œuvre théâtrale tout en menant une permanente réflexion sur le sixième art.

Par Adriano Tiniscopa ,
avec AFP
Créé le 02.05.2022 à 14h30

Né en 1927, le dramaturge et chef d'entreprise, Michel Vinaver, de son vrai nom Michel Grinberg, est mort à Paris à l'âge de 95 ans. Père de quatre enfants, c'est sa fille, l'actrice Anouk Grinberg, qui a annoncé sa mort à l'AFP dimanche 1er mai. Haut cadre durant 30 ans, notamment ancien directeur du groupe Gillette, il laisse derrière lui une œuvre théâtrale dense, lui qui avait commencé par le roman avec L'Objecteur, Prix Fénéon en 1951, et Lataume publié chez Gallimard en 1950, publication appuyée par Albert Camus.

D'une famille juive russe, fils d'une avocate et d'un antiquaire, Michel Vinaver a fui la France en 1941 pour rejoindre les États-Unis. C'est un émissaire du roi Farouk, souverain égyptien et ancien client de son père, qui leur avait conseillé de partir. Revenu en France, Michel Vinaver est entré dans ses fonctions de cadre à la Gillette Company en 1953. Il a commencé peu de temps après à mener sa vie de dramaturge en écrivant sa première pièce en 1955 Les Coréens, crée par Roger Planchon, puis Les Huissiers l'année suivante. En 2015, il a confié à l'AFP exclure de dépendre de sa production littéraire pour vivre. Il a donc mené une double vie en promettant à ses débuts de ne pas parler de lui et de son travail d'industriel. Finalement il a publié Par dessus bord, une pièce écrite en 1967 qui narre l'histoire de deux entreprises qui se font la guerre sur le marché français du papier toilette.

Prix SACD en 2004, Michel Vinaver a été couronné en 2006 pour l'ensemble de son œuvre par le Grand prix du théâtre de l'Académie française. Il a été plusieurs fois nommé aux Molières notamment en 2016 pour Bettencourt Boulevard ou Une histoire de France. Il confiait à l'écrivain et critique dramatique Émile Copfermann avoir vécu à un moment « une crise de la fable », et de poursuivre « au lieu de construire une histoire, j'essayais de me raconter essayant de travailler dans une entreprise industrielle » (Écrits sur le théâtre, Arche, 1998). Nombreuses de ses pièces, comme Les Travaux et les jours, La demande d'emploi, ou encore L'ordinaire, entré au répertoire de la Comédie-Française en 2009, ont trait au monde du travail et de l'entreprise.

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