FIBD 2022

Julie Doucet sacrée par le Grand prix d'Angoulême 2022

Julie Doucet - Photo © Kate Mada

Julie Doucet sacrée par le Grand prix d'Angoulême 2022

L'autrice Québécoise est récompensée le 16 mars par le festival international de la bande dessinée d'Angoulême pour l'ensemble de son oeuvre.

Par Dahlia Girgis ,
Créé le 16.03.2022 à 20h00 ,
Mis à jour le 24.03.2022 à 12h21

Le Grand prix du festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2022 a été décerné à Julie Doucet lors de la cérémonie d'ouverture du FIBD 2022. L'autrice Québécoise est récompensée ce 16 mars pour l'ensemble de son oeuvre. C'est seulement la quatrième autrice de bande dessinée à avoir été distinguée après Claire Bretecher, Florence Cestac et Rumiko Takahashi. Cette année, les trois finalistes étaient des femmes. C'est aussi la première fois que le Grand prix sacre un auteur ou une autrice canadienne.

Née en 1965 à Montréal, Julie Doucet découvre la bande dessinée au cours de ses études. En parallèle, elle commence à autoéditer un fanzine : Dirty plotte, "salle chatte" en argot québécois. Elle y documente en français et en anglais sa vie quotidienne. Le titre est repris en 1991 par l'éditeur Drawn & Quarterly à Montréal puis en France dès 1996 par L'Association. Robert Crumb, Charles Burns ou encore Art Spiegelman chantent alors ses louanges. Le prix Harvey du nouveau talent lui est remis en 1991. L'Association a d'ailleurs publié l'an dernier sa dernière œuvre, Maxiplotte.

La maison d'édition française publie la même année son premier livre en français : Ciboire de criss, l'anthologie de ses meilleurs récits courts parus au Canada et aux USA. D'autres de ses titres sont publiés dans l'Hexagone chez Le Seuil comme Chroniques de New York. L'ouvrage rassemble des textes écrits à New York et diffusés à Montréal et au Canada.

 Maxiplotte - Photo © Julie Doucet/L'Association
Maxiplotte - Photo © Julie Doucet/L'Association- Photo MAXIPLOTTE - PHOTO © JULIE DOUCET/L'ASSOCIATION

Après avoir vécu à New-York, Seattle et Berlin, Julie Doucet retourne à Montréal et se consacre à l'art imprimé entre bois gravé, linogravure ou sérigraphie. Son champ de travail est plus proche des arts graphiques (collage, poésie, roman-photo). Elle est exposée en 2006 à la galerie B-312 puis les années suivante participe à la Biennale de Montréal et à la Triennale Québécoise au musée d'art contemporain de Montréal. Elle quitte alors la bande dessinée pour se consacrer à des collages et des illustrations, choisissant plutôt la poésie comme support textuel.

Julie Doucet est l'auteure d'une œuvre prolifique francophone et anglophone, dans les années 1990: Lève ta jambe mon poisson est mort !, Monkey and the Living Dead, My Most Secret Desire, Là là, chu tanney là !!! Ou le rêve récidiviste, Changement d'adresses, L’Affaire Madame Paul, et Fantastic Plotte, une intégrale bilingue des bandes dessinées publiées dans Dirty Plotte.

En 2013, elle fonde sa propre maison de "mono-édition" : Le pantalitaire. En 2017, elle est entrée au Temple de la renommée de la bande dessinée canadienne. L'essayiste Anne-Elizabeth Moore a publié en 2018 une étude sur l'œuvre de Julie Doucet qu'elle perçoit comme précurseure d'un nouveau féminisme en bande dessinée.

Elle succède à Chris Ware, lauréat 2021 du Grand prix d'Angoulême.

Les dernières
actualités