C’est une petite bulle de douceur printanière et de créativité qui se forme les premiers jours d’avril, chaque année, à Bastia. Le festival BD à Bastia, organisé par le centre culturel Una Volta, accueille expositions, ateliers et rencontres durant quatre jours, sans billetterie ni stand d’éditeur, ni surtout de séances de dédicaces organisées : les auteurs s’y prêtent si et quand ils le veulent.
Et ils seront plus nombreux que jamais pour cette 32e édition, du 3 au 6 avril, se réjouit Juana Macari, la directrice d’Una Volta. « Depuis le Covid, nous avions réduit le nombre d’invitations, mais cette année, nous faisons venir 28 autrices et auteurs. Nous avons la chance de ne pas avoir été inquiétés pour le moment par les coupes budgétaires dans la culture, à contre-courant d’autres territoires. Même si nous sommes vigilants face à la hausse générale des coûts, notamment ceux de transport depuis le continent. »
Fort d’une approche éclectique de la bande dessinée, même si assez marquée par la BD indépendante, le festival programme deux expositions collectives : l’une sur les liens entre bande dessinée et cinéma (avec les travaux d’Alex W. Inker, Nicolas Badout, Aude Bertrand, Julien Magnani, Guy Delisle, Catel & Bocquet et Philippe Dupuy), l’autre baptisée « Voir à travers soi » sur des récits intimes d’autrices – Alix Garin, Aude Mermilliod, Claire Braud, Clotilde Delacroix et Édith Chambon.
Le jeune public n'est pas oublié
Autre exposition mêlant différents univers, celle consacrée au scénariste Fabien Vehlmann, où l’on retrouvera des planches originales d’artistes invités pour la première fois à Bastia : le duo Kerascoët (Jolies Ténèbres), Chloé Cruchaudet (L’Herbier sauvage) ou Jean-Baptiste Andreae (La Cuisine des ogres), entre autres. À cela s’ajoute une mise en lumière de Brecht Evens à travers son Roi Méduse et son travail de lithographie.
Dans le même temps, plusieurs expositions sont dédiées aux jeune public, consacrées cette année à David Wautier, Bernadette Gervais, Bastien Contraire et Camille Louzon. « L’identité d’Una Volta est très orientée vers les familles, explique Juana Macari. J’entends souvent dire que des livres achetés pendant le festival marquent durablement l’enfance des visiteurs, qui reviennent plus grands. » Une spécificité accentuée par un intense travail de médiation auprès des scolaires, à Bastia ou dans des territoires éloignés comme Calvi ou Folelli, qui concerne jusqu’à 4 000 enfants et adolescents chaque année, de la maternelle au supérieur.
Avec notamment un prix des lycéens qui mobilise quelque 200 élèves de trois lycées (un privé, un public avec filières artistiques, un autre aux voies professionnelles), découvrant des livres souvent atypiques et audacieux.
À noter enfin que deux rencontres professionnelles sont organisées. L’une autour de Fabien Vehlmann et de la façon d’aborder des sujets graves dans les livres jeunesse, l’autre autour de la rémunération des autrices et auteurs de BD à l’occasion d’expositions de leur travail.
BD Bastia, du 3 au 6 avril 2025, entrée libre.