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Bibliothécaires dans la société de l'information : les nouveaux défis à relever

Dans l'auditorium de l'Enssib.

Bibliothécaires dans la société de l'information : les nouveaux défis à relever

Les journées organisées à Lyon et à Paris, les 11 et 12 janvier, par le groupe Nouveaux professionnels de l'Ifla ont réuni plus de 300 bibliothécaires venus réfléchir à l'évolution de leur métier, et notamment à leur rôle dans la société du numérique.
 

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Par Véronique Heurtematte
Créé le 11.01.2018 à 22h40

Le groupe Nouveaux professionnels de l'Ifla (International Federation of Library Associations and Institutions) et le CFIBD (Comité français international bibliothèques et documentation, la branche française de l'Ifla), ont réuni simultanément à Lyon, à l'Enssib (Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques), et à Paris, à la Bulac (Bibliothèque universitaire des langues et civilisations), jeudi 11 et vendredi 12 janvier, plus de 300 professionnels pour réfléchir à ce que doit être le métier de bibliothécaire aujourd'hui.

Eduquer les citoyens

En introduction de la première journée à Lyon, Gloria Pérez Salmeron, présidente de l'Ifla, invitée d'honneur de l'événement, a rappelé les grands axes stratégiques de sa fédération, en particulier le rôle que doivent jouer les bibliothèques non seulement pour donner accès à l'information, mais aussi pour éduquer les citoyens, dans une société où toutes les informations sont accessibles massivement en ligne."L'information seule ne constitue pas une aide car beaucoup de personnes ne sont pas en mesure de la comprendre, a affirmé la présidente. Nous devons donner aux gens les moyens d'analyser les informations qu'ils trouvent".

Yehni Djidji, blogueuse et éditrice ivoirienne, a détaillé, quant à elle, plusieurs initiatives ingénieuses menées dans son pays pour promouvoir la lecture auprès des publics les plus fragiles, comme l'opération "Femmes et lecture", menée par la Bibliothèque nationale de Côte d'Ivoire, qui dépose des petites collections de livres dans les salons de coiffure où les femmes ont l'habitude de passer beaucoup de temps, le "romandroom", une simple salle à Treschville où les habitants peuvent se retrouver pour lire ensemble, la “bibliothèque sonore”, diffusée en partenariat avec les radios locales, ou encore la grainothèque installée dans une zone rurale où elle permet aux agriculteurs de se procurer gratuitement des graines, et de s'affranchir ainsi des fournisseurs qui leur vendent des semences qui ne peuvent être ressemer la saison suivante. "En Côte d'Ivoire, 43% de la population, soit 10 millions de personnes, sont analphabètes, a rappelé Yehni Djidji. Cela facilite les manipulations et freine les possibilités d'apprentissage. Les filles, notamment, doivent souvent interrompre leur scolarité ou leurs études, par exemple quand elles se marient".

Le management, de plus en plus important

Pendant les deux jours, une place importante a été laissée au travail en petits groupes, dans des ateliers thématiques tels que "Le participatif en bibliothèque", "Engager sa bibliothèque dans le développement durable". "L'objectif de ces rencontres est de poser le contexte dans lequel les bibliothécaires évoluent, de voir les mécanismes qui le font évoluer et de réfléchir comment se préparer au changement", résume Julien Sempéré, membre du comité d'organisation des journées.

L'Enssib, qui a accueilli la première journée, a entrepris de faire évoluer le contenu de ses enseignements pour mieux répondre aux réalités actuelles du métier. "Le management, au sens large, occupe une place de plus importante, souligne Yves Alix, directeur de l'Enssib. Les services aux chercheurs, la gestion des données, la communication sont également des aspects qui se renforcent".
 

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