Dans son tract diffusé le 10 janvier, Sud Culture Solidaires dénonce en particulier le recours à des contrats précaires avec des personnes en CDD depuis des années, la suppression de 10 postes supplémentaires en 2019 alors que la BNF a déjà perdu 280 postes depuis 2009, dont 90 de magasiniers, et "une réorganisation du travail en service public en totale régression par rapport aux conditions de travail acquis, provoquant par la même occasion une dégradation des services offerts aux usagers de la bibliothèque".
Adaptation ou restructuration?
Le syndicat demande le passage en CDI des 19 vacataires en CDD depuis plusieurs années alors que la direction de la BNF a prévu de ne titulariser que 6 d'entre eux. Il s'inquiète du projet de réorganisation du service au public qui prévoit notamment une augmentation du nombre de samedis travaillés, le recours à des contrats précaires d'étudiants, la fermeture des magasins le samedi matin sur le site François-Mitterrand. Sud Culture Solidarités salue cependant l'effort fait par la direction pour la revalorisation des salaires, en particulier des catégories C, mais "appelle à la prudence".
Jointe par Livres Hebdo, la direction de la BNF reconnaît que l'établissement a perdu 10 % de ses effectifs en dix ans et que le budget global stagne, mais nuance la situation sombre décrite par le syndicat. "Conformément aux instructions ministérielles de 2015, la BNF s'est engagée à réduire le nombre d'agents à temps partiel en CDI, souligne Denis Bruckmann, directeur des collections de la BNF. Nous effectuons également depuis plusieurs années des recrutements sans concours qui permettent de titulariser des salariés en CDD. Par ailleurs, on peut avoir une autre lecture de la situation que celle d'une simple diminution des effectifs. Alors que la consultation de documents est en baisse, la Bibliothèque nationale de France doit réfléchir à une redéfinition du dispositif de service public mieux adapté aux nouvelles pratiques de ses usagers."