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Les Temps modernes, toujours

Les Temps Modernes

Les Temps modernes, toujours

Créée en 1964, la librairie s’est imposée à Orléans en se démarquant de ses concurrents grâce à une identité littéraire forte. Sous la houlette de Sophie Todescato,fille de la fondatrice Catherine Martin-Zay, elle poursuit son chemin entre modernité et tradition.

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Par Clarisse Normand
Créé le 12.12.2014 à 01h04 ,
Mis à jour le 12.12.2014 à 11h30

La librairie orléanaise Les Temps modernes convie ses clients à venir fêter le 13 décembre son 50e anniversaire. A cette occasion, elle leur offrira un livre relatant son histoire sous la forme d’un abécédaire écrit par sa fondatrice, Catherine Martin-Zay. Pour marquer l’événement, la librairie s’apprête aussi à élargir les services de son site Internet. A la vente de livres numériques proposée depuis un an, s’ajoutera début 2015 la vente de livres papier, via Place des libraires, la plateforme de Tite-Live basée sur le retrait des commandes en magasin. Ce tournant vers Internet, Catherine Martin-Zay n’y était pas favorable, mais aujourd’hui elle se félicite que sa fille, Sophie Todescato, qui lui a succédé en 2001, l’ait pris. Contrairement à ce qu’elle craignait, "cela n’enlève rien au magasin physique". Celui-ci poursuit même son chemin en restant extrêmement fidèle à son identité d’origine.

Catherine Martin-Zay

Un lieu animé

Créée en 1964 et portant le nom de la revue fondée par Sartre, la librairie est toujours un lieu dédié à la création littéraire et à l’actualité mais aussi un lieu animé proposant de nombreuses rencontres avec des auteurs. Lorsque Catherine Martin-Zay, enseignante à Paris, l’a créée il y a cinquante ans, c’était d’abord pour elle un moyen de faire vivre la société des éditions du Centre fondées par son père, le célèbre républicain Jean Zay, ministre de l’Education nationale dans le gouvernement du Front populaire, et d’utiliser son local situé sur la grande place du Général-de-Gaulle où la librairie est établie aujourd’hui encore. Venant combler un vide à Orléans, Les Temps modernes a progressivement trouvé son public et s’est agrandie d’abord en ouvrant son sous-sol, puis, en 1980, un premier étage où a été installée la salle de rencontres. Mais la librairie est aussi sortie de ses murs et, depuis 1997, elle gère l’espace de vente du théatre d’Orléans. Dans ses grandes heures, elle a ainsi employé 3,5 personnes et réalisé un peu plus de 600 000 euros de chiffre d’affaires.

Sophie Todescato
Bien que s’étant adaptée, au fil des ans, aux évolutions du marché, notamment en renforçant la part de la littérature par rapport à celle des sciences humaines et en révisant à la baisse ses effectifs, Les Temps modernes a su conserver sa typicité. Le lieu y a sans doute contribué, resté de dimension modérée avec 110 m2, dont un peu plus de 90 m2 de surface de vente, et ayant gardé son mobilier d’origine en bois épais faisant la part belle aux linéaires. Il en est de même de la transmission familiale, réalisée tout en douceur et sans préméditation. "Je n’avais aucune envie de me laisser faire par le déterminisme familial, explique Sophie Todescato qui, parallèlement à ses études de lettres, avait commencé à travailler chez Tschann à Paris avant de revenir à Orléans en 1998. Au début je travaillais un peu le jeudi à la librairie pour aider ma mère, puis je m’y suis investie et finalement j’ai repris le flambeau. Mais cela s’est fait sans pression." S’inscrivant dans la lignée de sa mère, Sophie Todescato (45 ans) a toutefois aussi imprimé sa marque. Consciente que les rencontres d’auteurs sont devenues incontournables, elle mise sur la différenciation et propose notamment, depuis quatre ans, des ateliers thématiques gratuits autour d’une œuvre et d’un auteur. Alors que s’achève une cession de trois séances sur Lacan, une autre est déjà programmée en janvier sur Bourdieu.

 


Sortant d’une période difficile, liée notamment aux longs travaux réalisés sur la place du Général-de-Gaulle pour construire deux lignes de tramway, la librairie devrait désormais profiter du regain de vie de son environnement. Pour autant, "on connaît les limites de notre clientèle, tempère Sophie Todescato. Paris n’est qu’à une heure de train et c’est notre principale concurrence." Forte toutefois d’une solide base de clients fidèles, elle ne manque pas d’idées pour l’avenir "mais de temps", évoquant tout de même le projet récurrent de réaménagement du magasin ! "Le fait de fêter nos 50 ans nous amène naturellement à penser à nos 100 ans !" lance-t-elle joyeusement.

12.12 2014

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